Dr Daniel LemaitreChirurgie réfractive · Paris

Blog · Myopie

Comment corriger la myopie ? Lunettes, lentilles et chirurgie

Lunettes, lentilles, orthokératologie, chirurgie réfractive et freination chez l’enfant : avantages, contraintes et questions à aborder avec votre ophtalmologiste.

Avant de commencer

Article mis à jour le 23 octobre 2026. Contenu d'information générale, qui ne remplace pas un examen ophtalmologique.

Vous voyez net de près, mais flou de loin ? C'est le signe typique de la myopie. Dans un œil myope, l'image d'un objet éloigné se forme en avant de la rétine au lieu de se former dessus.

Plusieurs solutions permettent de corriger la vision d'une personne myope : les lunettes, les lentilles de contact, l'orthokératologie (des lentilles portées la nuit) et, chez certains adultes, la chirurgie réfractive. Les corrections optiques compensent le défaut visuel sans modifier la longueur de l'œil : elles corrigent la vision, mais ne font pas disparaître la myopie.

Ce guide explique comment corriger la myopie, compare les avantages et les contraintes de chaque solution, et présente les moyens de ralentir son évolution chez l'enfant.

Pourquoi devient-on myope ?

Comment fonctionne un œil myope ?

Pour voir net, la lumière doit converger exactement sur la rétine, la membrane qui tapisse le fond de l'œil. Deux éléments assurent cette mise au point : la cornée, la partie transparente à l'avant de l'œil, et le cristallin, une lentille naturelle située derrière l'iris.

Dans la majorité des cas, l'œil myope est trop long : on parle d'allongement de la longueur axiale. Plus rarement, la cornée ou le cristallin sont trop puissants. Dans les deux cas, les rayons lumineux convergent trop tôt, et l'image se forme devant la rétine. Résultat : la vision de loin est floue, alors que la vision de près reste bonne sans correction.

La myopie se mesure en dioptries négatives : plus le chiffre est élevé (par exemple −6 au lieu de −2), plus la myopie est forte.

Quels sont les facteurs favorisant la myopie ?

La myopie n'a pas une cause unique. Elle résulte d'une combinaison de facteurs :

  • une prédisposition génétique : le risque est plus élevé lorsqu'un ou deux parents sont myopes ;
  • des facteurs environnementaux, en particulier pendant l'enfance ;
  • les activités prolongées en vision rapprochée : lecture, écrans, travail de près ;
  • un faible temps passé à l'extérieur, la lumière naturelle semblant jouer un rôle protecteur.

Comment corriger la myopie avec des lunettes ?

Les verres correcteurs divergents

Les lunettes restent la solution la plus courante pour corriger la myopie. Elles utilisent des verres divergents, de puissance négative, qui écartent légèrement les rayons lumineux. L'image est ainsi repoussée vers l'arrière, jusqu'à la rétine.

La correction est prescrite par l'ophtalmologiste, ou dans certaines conditions par un orthoptiste, après une mesure précise de la vue.

Les avantages des lunettes

  • correction non invasive : rien n'entre en contact avec l'œil ;
  • simplicité et utilisation flexible ;
  • adaptées à tous les âges ;
  • équipement possible sans reste à charge grâce au 100 % Santé.

Les limites des lunettes

  • buée, salissures, risque de casse ;
  • gêne pendant certaines activités : sport, baignade ;
  • champ visuel modifié sur les bords, surtout avec les fortes corrections.

Les verres spécifiques chez l'enfant

Chez l'enfant dont la myopie progresse, l'ophtalmologiste peut proposer des verres de freination, aussi appelés verres défocalisants. Leur surface comporte des zones optiques particulières : ils corrigent la vision comme des verres classiques, mais visent aussi à ralentir l'allongement de l'œil.

Ils ne s'adressent pas à tous les enfants myopes. Ils relèvent d'une indication médicale et d'un suivi régulier.

Peut-on corriger la myopie avec des lentilles de contact ?

Lentilles souples et rigides

Les lentilles de contact se posent directement sur la cornée. Il en existe plusieurs types :

  • les lentilles souples, les plus répandues, journalières ou à renouvellement mensuel ;
  • les lentilles rigides perméables à l'oxygène, utiles pour certaines cornées irrégulières ou certaines fortes corrections.

Le choix dépend de la correction, de l'état de la cornée, du confort, du mode de vie et des besoins visuels. L'adaptation est réalisée par un ophtalmologiste ou un opticien formé. Chez l'enfant, des lentilles peuvent être envisagées à partir de 8 ans environ, à condition d'une bonne motivation et d'une hygiène rigoureuse.

Les avantages des lentilles

  • absence de monture et de reflets ;
  • champ visuel dégagé, sans bords de verres ;
  • image moins déformée qu'avec des lunettes en cas de forte myopie ;
  • pratique sportive facilitée dans de nombreuses disciplines ;
  • options variées selon la correction et le rythme de vie.

Les contraintes et risques

  • manipulation quotidienne et hygiène stricte des mains et des étuis ;
  • sécheresse oculaire possible, notamment devant les écrans ;
  • intolérance chez certaines personnes ;
  • risque d'infection de la cornée (kératite), rare mais potentiellement grave.

Pour limiter ce risque, il ne faut jamais exposer les lentilles à l'eau du robinet, de la piscine ou de la mer, ni dormir avec, sauf si ce mode de port a été spécifiquement prescrit. Un œil rouge et douloureux impose de retirer la lentille et de consulter rapidement.

L'orthokératologie peut-elle corriger la myopie sans lunettes le jour ?

Comment fonctionnent les lentilles de nuit ?

L'orthokératologie repose sur des lentilles rigides spéciales portées pendant le sommeil. Elles exercent une légère pression qui remodèle temporairement le centre de la cornée. Au réveil, une fois les lentilles retirées, la vision peut être nette pendant la journée, sans lunettes ni lentilles.

Quels résultats attendre ?

L'effet est temporaire et réversible : la cornée reprend progressivement sa forme d'origine si les lentilles ne sont plus portées. Il faut donc les porter régulièrement, selon la prescription. Le résultat dépend aussi du degré de myopie : cette technique ne convient pas à toutes les corrections.

Chez certains enfants, l'orthokératologie fait partie des moyens utilisés pour ralentir la progression de la myopie, avec une efficacité variable d'un enfant à l'autre.

Quelles précautions ?

L'orthokératologie demande une adaptation spécialisée, un suivi régulier de la cornée et une hygiène très stricte. Comme toute lentille portée la nuit, elle comporte un risque infectieux réel. Son éligibilité est limitée selon la correction et l'état de l'œil.

Peut-on corriger la myopie naturellement ?

Les exercices des yeux peuvent-ils supprimer la myopie ?

Non. Aucune méthode d'exercices oculaires n'a démontré sa capacité à supprimer une myopie établie. Lorsque l'œil est trop long, des exercices ne peuvent pas le raccourcir. Ils peuvent parfois améliorer le confort ou réduire la fatigue visuelle, mais ils ne remplacent pas une correction nécessaire.

Méfiez-vous des programmes promettant de « guérir » la myopie ou de se débarrasser définitivement des lunettes.

Le temps passé à l'extérieur

Chez l'enfant, le temps passé à l'extérieur, à la lumière du jour, est associé à un risque plus faible d'apparition de la myopie. Il est généralement recommandé de viser au moins deux heures par jour en extérieur. Cette mesure contribue à la prévention, mais elle ne corrige pas une myopie déjà installée.

Les habitudes visuelles

Faire des pauses régulières lors du travail de près (regarder au loin quelques secondes toutes les vingt minutes), garder une distance de lecture d'au moins 30 cm, travailler avec un bon éclairage et limiter les longues périodes devant les écrans favorisent le confort visuel. Ces habitudes ne remplacent pas des lunettes lorsqu'une correction est nécessaire.

Comment corriger la myopie grâce à la chirurgie réfractive ?

La chirurgie réfractive de la myopie vise à réduire, voire supprimer, la dépendance aux lunettes ou aux lentilles. Elle peut être envisagée chez certains adultes, après un bilan approfondi. On distingue deux grandes familles : les traitements de la cornée au laser et les implants intraoculaires.

Le LASIK

Le chirurgien crée un fin volet cornéen, le plus souvent au laser femtoseconde, puis traite la cornée en profondeur au laser excimer avant de repositionner le volet. La récupération visuelle est généralement rapide.

La PKR

La photokératectomie réfractive traite la surface de la cornée, sans volet. Elle est souvent proposée lorsque la cornée est fine ou que le LASIK n'est pas adapté. Les premiers jours sont en général plus inconfortables, et la récupération plus progressive. Pour comparer ces deux techniques, consultez notre article sur la différence entre LASIK et PKR.

Le SMILE

Avec le SMILE, un laser femtoseconde découpe un petit disque de tissu, appelé lenticule, à l'intérieur de la cornée. Celui-ci est ensuite retiré par une micro-incision, sans création de volet. Cette technique n'est pas disponible dans tous les centres.

Les implants intraoculaires

Lorsque le laser n'est pas adapté, notamment pour certaines fortes myopies ou certaines cornées, un implant phaque peut être envisagé. Il s'agit d'une lentille placée à l'intérieur de l'œil, devant le cristallin naturel, qui est conservé. Plus tard dans la vie, généralement après 50 ans, le remplacement du cristallin par un implant peut aussi être discuté.

Ces techniques sont des chirurgies intraoculaires : elles se distinguent des traitements de la cornée au laser par leurs indications, leurs risques et leur suivi.

Quels critères permettent d'envisager une opération ?

L'opération n'est envisagée qu'après un examen complet, qui vérifie notamment :

  • l'âge adulte et la stabilité de la myopie, souvent atteinte entre 20 et 25 ans ;
  • l'épaisseur et la forme de la cornée ;
  • l'état de la surface de l'œil, en particulier l'absence de sécheresse importante ;
  • l'état de la rétine ;
  • des attentes réalistes.

À titre de repère, l'Assurance Maladie indique que le laser concerne surtout les myopies jusqu'à une dizaine de dioptries, et les implants les myopies plus fortes. Mais le choix dépend avant tout des mesures de chaque œil.

Comme toute chirurgie, ces interventions comportent des risques : sécheresse oculaire, halos et gêne en vision nocturne, sous-correction ou surcorrection pouvant nécessiter une retouche, et plus rarement des complications cornéennes ou infectieuses. La correction obtenue n'est pas toujours parfaitement stable à vie, et la presbytie apparaîtra de toute façon avec l'âge.

Pour en savoir plus sur la prise en charge au cabinet, découvrez notre page sur l'opération de la myopie à Paris.

Lunettes, lentilles ou chirurgie : quelle solution choisir ?

Il n'existe pas de meilleure correction de la myopie pour tous. Le choix dépend de l'âge, de la correction, des habitudes et de la santé oculaire.

Comparaison des solutions pour corriger la myopie
SolutionPrincipeAvantagesContraintesRéversible ?Profil concerné
LunettesVerres divergents devant l'œilSimples, non invasives, adaptées à tous les âgesBuée, casse, gêne pour le sportOuiEnfants et adultes
Lentilles de contactLentille posée sur la cornéeChamp visuel dégagé, pas de montureHygiène, sécheresse, risque infectieuxOuiPatients adaptés et motivés
OrthokératologieRemodelage temporaire de la cornée la nuitVision sans correction le jour dans certains casEffet temporaire, suivi strict, risque infectieuxOuiPatients sélectionnés
Laser cornéen (LASIK, PKR, SMILE)Remodelage définitif de la cornéeRéduction possible de la dépendance aux lunettesRisques chirurgicaux, bilan obligatoire, coûtNonAdultes éligibles à myopie stable
Implant phaqueLentille placée dans l'œilOption pour certaines fortes myopiesChirurgie intraoculaire, risques spécifiquesImplant retirable, mais acte chirurgicalPatients sélectionnés

Par exemple, un enfant dont la myopie augmente chaque année relève d'abord d'une correction adaptée et d'une éventuelle stratégie de freination, tandis qu'un adulte sportif à la myopie stable peut comparer lentilles et chirurgie.

Comment ralentir la progression de la myopie chez l'enfant ?

Pourquoi la myopie évolue-t-elle pendant la croissance ?

Chez l'enfant, la myopie progresse surtout parce que l'œil continue de s'allonger pendant la croissance. Elle se stabilise en général au début de l'âge adulte, vers 20 à 25 ans. Plus elle apparaît tôt, plus elle risque de devenir importante. Ralentir la myopie pendant l'enfance vise donc à limiter la correction finale et les risques associés aux fortes myopies.

Les solutions de freination possibles

Plusieurs moyens peuvent être proposés par l'ophtalmologiste, seuls ou associés :

  • les verres de freination, utilisables dès le jeune âge ;
  • les lentilles de contrôle myopique, portées la journée, généralement à partir de 7 à 8 ans ;
  • l'orthokératologie, dans certains cas ;
  • un collyre d'atropine faiblement dosée, uniquement sur prescription d'un ophtalmologiste et dans le cadre défini par celui-ci. En France, son accès reste encadré et limité ;
  • les mesures d'hygiène visuelle : temps passé à l'extérieur, pauses, limitation des écrans.

L'efficacité varie d'un enfant à l'autre. Un effet rebond peut survenir à l'arrêt de certains traitements.

Le suivi ophtalmologique

Un suivi régulier permet d'adapter la correction, de mesurer la progression de la myopie, de suivre la longueur axiale de l'œil si cela est indiqué et d'ajuster la stratégie de freination.

La chirurgie réfractive n'est pas indiquée chez l'enfant dans le seul but d'éviter le port de lunettes. Elle reste réservée à des situations médicales exceptionnelles.

Comment corriger une forte myopie ?

Les particularités des fortes corrections

Avec une forte myopie, les lunettes deviennent épaisses et rapetissent l'image, et le champ visuel périphérique peut être réduit. Les lentilles offrent souvent une meilleure qualité de vision, mais demandent une bonne tolérance.

Les possibilités chirurgicales

Lorsque le laser ne permet pas une correction suffisante, les implants phaques ou, plus tard, le remplacement du cristallin peuvent être discutés, selon l'âge, l'anatomie de l'œil et la situation médicale.

Pourquoi le suivi rétinien reste indispensable ?

Corriger le défaut optique ne supprime pas les risques liés à l'allongement de l'œil. Même après une chirurgie, une personne fortement myope reste exposée à un risque plus élevé de :

  • déchirures et décollement de la rétine ;
  • glaucome ;
  • atteintes de la macula, la zone centrale de la rétine ;
  • cataracte plus précoce.

Un suivi ophtalmologique régulier, avec examen du fond d'œil, reste donc nécessaire tout au long de la vie. L'apparition soudaine d'éclairs lumineux, de nombreux corps flottants ou d'un voile dans le champ visuel impose une consultation en urgence.

Quel est le prix des différentes corrections de la myopie ?

Lunettes et lentilles

Le prix dépend de la correction, des verres, de la monture, du type de lentilles et de leur renouvellement. Les équipements de freination sont souvent plus coûteux que les équipements classiques.

Chirurgie réfractive

Le coût d'une chirurgie réfractive varie selon la technique, l'établissement, les honoraires, les examens réalisés et les prestations incluses (consultations de suivi, retouche éventuelle). Les tarifs sont libres : un devis détaillé doit être remis avant l'intervention.

Remboursement et mutuelle

  • Lunettes : elles sont remboursées sur prescription. Les équipements du 100 % Santé sont intégralement pris en charge avec une complémentaire santé responsable. Les autres équipements sont très faiblement remboursés par l'Assurance Maladie, et leur prise en charge dépend surtout de la mutuelle.
  • Lentilles : l'Assurance Maladie ne les rembourse que pour des indications précises, dont une myopie égale ou supérieure à 8 dioptries, sur la base d'un forfait annuel par œil. Sinon, seule la mutuelle peut intervenir, souvent via un forfait optique.
  • Chirurgie réfractive : elle n'est pas remboursée par l'Assurance Maladie. Certaines mutuelles prévoient un forfait spécifique, souvent partiel : demandez une confirmation écrite avant de vous engager.

Questions fréquentes sur la correction de la myopie

Peut-on corriger la myopie naturellement ?

Aucune méthode d'exercice oculaire n'a démontré qu'elle pouvait supprimer une myopie établie. Certaines habitudes, notamment le temps passé à l'extérieur chez l'enfant, peuvent contribuer à la prévention et aux stratégies de contrôle de la progression. Elles ne remplacent pas une correction nécessaire.

Quelle est la meilleure solution pour corriger la myopie ?

Il n'existe pas de solution universelle. Lunettes, lentilles, orthokératologie et chirurgie ont chacune des avantages et des contraintes. Le choix dépend de l'âge, du degré de myopie, du mode de vie et de la santé oculaire, et se fait avec l'ophtalmologiste.

Peut-on corriger une forte myopie ?

Oui. Une forte myopie peut généralement être compensée par des lunettes ou des lentilles. Certaines interventions, comme les implants phaques, sont également possibles dans des situations sélectionnées. Un suivi ophtalmologique régulier reste indispensable, en raison des risques rétiniens.

La chirurgie peut-elle faire disparaître définitivement la myopie ?

La chirurgie réfractive modifie le pouvoir optique de l'œil afin de réduire le défaut visuel. Elle ne garantit pas une stabilité parfaite à vie, n'empêche pas l'apparition de la presbytie et ne supprime pas les risques rétiniens associés à la forte myopie.

Comment éviter que la myopie augmente chez l'enfant ?

Le suivi ophtalmologique, une correction adaptée, certains verres ou lentilles de freination, l'orthokératologie, l'atropine faiblement dosée sur prescription, et des habitudes favorables comme le temps passé à l'extérieur peuvent aider à ralentir la progression. Le choix dépend de l'âge et de la situation médicale.

Conclusion

Corriger la myopie, c'est d'abord retrouver une vision nette de loin. Les lunettes et les lentilles compensent le défaut visuel ; l'orthokératologie le corrige temporairement ; la chirurgie réfractive peut réduire la dépendance aux lunettes chez certains adultes dont la myopie est stable. Chez l'enfant, l'enjeu est aussi de ralentir la progression de la myopie.

Quelle que soit la solution, le suivi ophtalmologique reste essentiel, en particulier en cas de forte myopie.

Vous envisagez une correction de votre myopie par chirurgie ? Découvrez les examens du bilan préopératoire qui permettent d'évaluer votre éligibilité.

Sources et information patient

Ces informations ne remplacent pas un examen médical. Le bilan permet de discuter l’indication, les alternatives et les risques, sans garantie de résultat.

Demander une consultation
Appeler Être rappelé